Vers un réseau social pour des émigrés antiques

Dans le cadre du projet « EX-PATRIA : Dissidence ane Emigration in Late Antique Rome, Persia, and Neighbouring Lands » qui vient de débuter ce mois, nous vous proposons de devenir l’architecte d’une base de données — et de l’application web qui servira à l’alimenter — rassemblant les informations disponibles sur les parcours et les interactions entre des personnalités historiques (3ème-6ème siècles de notre ère) ayant choisi ou subi l’émigration.

Contexte

Tout au long de la période de l’Antiquité tardive, l’Empire romain et l’Empire sassanide étaient rivaux et pairs, ennemis et partenaires. Les deux États s’affrontaient dans des conflits militaires ainsi que dans la compétition diplomatique pour le pouvoir et l’influence. Nombreuses controverses religieuses et tensions politiques internes – à Rome comme en Perse – aggravaient les divisions et, en même temps, donnaient lieu à une intense mobilité à travers la frontière romano-perse. Très diversifié, l’Orient tardo-antique était cependant bien connecté grâce aux étroits contacts entre les communautés sur les deux côtés de la frontière et à l’intense circulation des personnes.

Le projet vise à étudier les interactions (religieuses, culturelles, éducatives, artistiques, économiques, etc.) entre les groupes, les communautés et les individus de part et d’autre des limites des empires romain et perse, ainsi que les interdépendances entre ces interactions et les relations entre les deux États. Considérant les relations romano-perses durant l’Antiquité tardive, le projet portera plus particulièrement sur la Syrie, la Mésopotamie, le Caucase et le nord de la mer Noire, en explorant les liens, les échanges, les emprunts, les influences, les contacts et les conflits sur les frontières.

Tout en ajoutant au projet une dimension numérique importante la création d’une base de données sur les migrants entre les Empires romain et perse servira de fondement pour le développement ultérieur d’études collaboratives de l’Orient tardo-antique.

Problématique

Il s’agit de concevoir une base de données ouverte, flexible et robuste aux évolutions. En effet, la nature des sources de historiques (manuscripts, inscriptions épigraphiques etc.) est telle qu’il est difficile de prévoir à l’avance quelles caractéristiques il faut retenir pour un individu quelconque. Par exemple, il est courant d’avoir des informations contradictoires sur la date de naissance d’une personne. Pour d’autres, certains sources peuvent rapporter des événements de leur vie qui aient eu lieu après leur décès selon d’autres sources. Ces informations ne sont pas disponibles à l’avance et peuvent aparaître au fur et à mesure de l’analyse des sources.

Travail à effectuer

Le travail à effectuer se décomposera en trois étapes principales :

  1. Analyse de besoins et choix du paradigme : base de données rélationelle ? Resource Description Framework (RDF) ? NoSQL ?
  2. Définition de l’architecture de la base de données (schéma, ontologie…)
  3. Implémentation de la base de données et d’une application web permettant au spécialistes du domaine (chercheurs en histoire, donc, et non informaticiens) d’alimenter cette base de manière érgonomique

Quelques liens

Recommendations for EDH person-data RDF
Un projet similaire développé au Royaume-Uni (aller directement vers leur base de données)
Un projet similaire développé en Autriche

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